Pourquoi un marketeur devrait s'intéresser à Python malgré la panoplie d'outils no-code à sa disposition

Chaque interface no-code cache une couche de logique qu'on ne maîtrise pas, aujourd'hui plus simple à obtenir directement en code, avec l'aide d'une IA.

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Un marketeur dispose aujourd'hui d'une quantité impressionnante d'outils no-code : Zapier ou Make pour l'automatisation, des dizaines de plateformes spécialisées pour l'emailing, le tracking, le reporting. Cette panoplie pourrait laisser penser que Python n'a plus grand-chose à apporter côté marketing. Mais c'est en réalité l'inverse qui se produit, pour une raison propre à tout outil no-code : chaque interface se limite aux fonctionnalités prévues par l'éditeur et cache une couche de logique qu'on ne maîtrise pas, et cette couche est aujourd'hui plus simple à obtenir directement en code, avec l'aide d'une IA.

Un exemple vécu : un comportement Zapier étonnant et non documenté

Il y a quelques années, avant la démocratisation de l'IA, j'ai eu à construire un outil pour une équipe juridique : envoyer un email automatiquement dès qu'une valeur changeait dans une colonne d'un Google Sheet. J'ai choisi Zapier, que cette équipe utilisait déjà un peu, dans un souci de reprenabilité : je voulais qu'elle puisse comprendre et faire évoluer la solution elle-même, sans dépendre de moi.

En testant l'automatisation avant sa mise en production, j'ai découvert un comportement aussi surprenant que mal documenté : le déclencheur "valeur modifiée" de Zapier ne se déclenche que si la nouvelle valeur n'a jamais été présente dans cette cellule auparavant, pas simplement si elle diffère de la valeur précédente. Or, la colonne en question ne contenait que OUI ou NON. Résultat : sur une succession OUI, NON, OUI, le second OUI ne déclenchait rien, puisque cette valeur avait déjà occupé la cellule plus tôt.

Sans un test poussé avant la mise en production, cette solution aurait échoué silencieusement, pour une équipe qui comptait justement sur cette alerte pour ne rien manquer. Je m'en suis sorti avec une colonne supplémentaire, combinant la valeur et un horodatage du changement, pour garantir l'unicité nécessaire au déclenchement. Ça fonctionne, mais c'est un bricolage, pas une solution que j'aurais construite si j'avais eu le choix.

Je n'avais trouvé aucune documentation de ce comportement, seulement des questions sur des forums de personnes qui s'étaient confrontées au même problème. Je ne l'ai découvert qu'en testant plusieurs scénarios, et j'aurais très bien pu passer à côté. En Python, ce même besoin s'écrit avec une condition explicite :

python
if valeur_actuelle != valeur_precedente:
    envoyer_email()

Aucune ambiguïté, aucune mauvaise surprise cachée derrière une interface. Et à l'heure où la programmation se démocratise à un rythme inédit grâce à l'IA, ce genre d'épisode dit quelque chose d'important : le vrai gain de fiabilité vient du code, où tout est explicite, pas de l'interface la plus accessible en apparence.

Ce que Python change réellement pour un marketeur

Zapier, Make, un outil de tracking, un outil d'emailing : chacun fonctionne avec son propre abonnement, ses propres limites de fonctionnalités, et sa propre boîte noire, souvent renforcée par une documentation lacunaire sur ce qui se passe réellement derrière chaque automatisation. Python permet de dépasser chacun de ces irritants.

Quelques exemples concrets :

Le momentum : une attente de plus en plus fréquente

Jean-Baptiste Jézéquel, cofondateur d'Evaboot (un SaaS B2B rentable, monté à deux), est un exemple représentatif de fondateur de start-up ambitieuse : dans une interview accordée à Oussama Ammar, il expliquait attendre de toute son équipe, marketeurs et commerciaux compris, la capacité à coder. Ce n'est pas un souhait accessoire, c'est un vrai prérequis pour lui.

Thibault Louis, aujourd'hui ghostwriter reconnu sur LinkedIn, racontait de son côté avoir eu un entretien chez la start-up Germinal s'arrêter net en 2019, dès qu'il a répondu ne pas savoir coder : le recruteur ne retenait que des profils sachant programmer.

Cette attente n'est pas propre à l'ère de l'IA : elle existait déjà avant. Mais elle s'accélère nettement depuis que l'IA rend la maîtrise du code plus accessible que jamais, et par conséquent que de plus en plus de profils disposent de compétences en programmation en plus de leur domaine d'expertise. Et elle se retrouve désormais dans des entreprises de toutes tailles, pas seulement les start-ups, précisément parce que programmer permet d'automatiser des tâches et de délivrer bien plus, pour un coût bien moindre.

Et le no-code, dans tout ça ?

Ça ne veut pas dire qu'il faut abandonner Zapier, Make ou les outils d'automatisation marketing existants du jour au lendemain. Mais ils gagnent à devenir un dernier recours plutôt qu'un premier réflexe, à mesure que l'IA rend la maîtrise du code de plus en plus accessible (voir notre article dédié au no-code pour aller plus loin).

En résumé

Retrouvez l'ensemble de nos articles sur Python pour les métiers.

Questions fréquentes
Non, mais ces outils devraient rester un dernier recours plutôt qu'un premier réflexe, pour les mêmes raisons que n'importe quel outil no-code.
La consolidation de rapports issus de plusieurs plateformes publicitaires, l'analyse fine des résultats d'une campagne (emailing ou autre) au-delà des tableaux de bord standards, la segmentation précise d'une population pour un envoi ou un test A/B, la connexion directe à des API (CRM, emailing)...

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